Ces scientifiques persécutés en France et dans le monde


Paul Kammerer. Crédit : DR
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Ignorés du grand public pour la plupart, ils sont, pourtant, à l’origine de découvertes, le plus souvent majeures, hélas trop vite interdites par la « nomenklatura » scientifique et médicale et pourtant susceptibles de révolutionner les fondements de notre société et, peut-être même, plus largement, l’avenir de l’humanité.

« Les hérétiques » revisitent avec la saga « Ces scientifiques persécutés », les oubliettes et les cachots de l’histoire où des personnalités de grande valeur, ayant contribué au rayonnement de la France dans le monde, ont été volontairement rejetées, sciemment effacées. Leurs travaux, leurs luttes, les évincements et les « purges » dont ils ont été victimes, sont passés en revue, au crible du jugement retrouvé !

« Des chercheurs qui cherchent on en trouve. Mais des chercheurs qui trouvent on en cherche », lance à la cantonade Charles de Gaulle en Conseil des ministres. « Bien trouvé, Mon Général ! », répond l’écrivain Pierre Lance, auteur des Savants maudits, chercheurs exclus parus aux éditions Trédaniel 1. « Mais êtes-vous sûr de les avoir cherchés ? Et saviez- vous que des chercheurs qui cherchent à empêcher d’autres chercheurs de chercher à réaliser ce qu’ils ont trouvé, on en trouve sans les chercher ? » Ils sont à l’origine de travaux essentiels touchant des secteurs d’activité qui comptent : santé, biologie, chimie, biochimie, physiologie, aéronautique, physique, astrophysique, sciences de l’Univers, électrotechnique, défense, énergie libre, police scientifique… Chercheurs de haut vol, ils sont titrés : docteur ès sciences, professeur, ingénieur, médecin, biologiste, directeur de recherches, archéologue, anthropologue, naturaliste… Ils sont pléthore à effectuer, le plus souvent, une oeuvre de recherche fondamentale en marge de la communauté scientifique, pour certains même, au péril de leur vie. Tous ont un point commun. Ils dérangent par leurs découvertes, leur génie, leur lucidité, leur créativité, leur originalité, leur pugnacité, leur humilité… Ils cherchent et, le plus souvent, trouvent au-delà des sentiers battus, à l’image du regretté Antoine Béchamp (1816-1908) qui « démontra [notamment] contre Pasteur que bactéries et virus peuvent provenir de nos cellules et que l’asepsie des êtres vivants est inexistante ».

 

France

Béchamp dépossédé par Pasteur

Antoine Béchamp. Dessin : Luana
Antoine Béchamp. Dessin : Luana

Alors que ce professeur de chimie médicale nommé, en 1858, à la célèbre université de Montpellier, ne « pensait que sciences et connaissances », Pasteur, lui, ne « rêvait que gloire et pouvoir ». Béchamp lui doit d’avoir été occulté, nié, discrédité et décrié par le milieu scientifique. Alors que son œuvre était encensée à l’étranger (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Belgique, Roumanie, Brésil), les savants français n’ont jamais voulu reconnaître l’intérêt de ses travaux. Il est quasiment inconnu aujourd’hui tandis que Pasteur bénéficie d’une reconnaissance nationale. Et pourtant, la science et la médecine lui doivent beaucoup. Il fut le précurseur de Pasteur et c’est bien là le problème car plus tard, le biologiste, à l’origine du vaccin contre la rage s’appropria de nombreuses trouvailles dont Béchamp était l’auteur. Un simple dictionnaire retrace, brièvement, les grandes lignes de ses découvertes majeures tandis que le même dictionnaire ne daigne pas mentionner le nom d’Antoine Béchamp. Il décède à 92 ans sans avoir eu la moindre reconnaissance de ses pairs et surtout  la satisfaction de voir son ouvrage servir la santé de l’humanité. Pharmacien de formation, agrégé de chimie, physique et toxicologie, docteur ès sciences puis docteur en médecine en 1856, il fait polémique, avec « sa thèse sur les substances albuminoïdes et sur leur transformation en urée ». C’est au sénateur du Gard, Jean-Baptiste Dumas (chimiste) qu’il doit l’apaisement des savants scandalisés par sa théorie. En 1854, il entreprit des travaux sur la fermentation qu’il désignait, lui-même, comme son « expérience maîtresse ». Quatre ans plus tard, à Montpellier, il poursuivit ses travaux sur la « fermentation vineuse et la fabrication des vins » avant de se tourner vers l’étude de la pébrine, maladie du ver à soie qui fait des ravages en Languedoc-Roussillon et qu’il éradique en juin 1866, soit deux ans avant que Pasteur, reconnaissant la véracité de ses dires, ne les reprenne à son propre compte. Il savait, pertinemment, le talent de Béchamp et craignait, de sa part, une concurrence hors pair. Il jouissait alors d’une crédibilité qui aurait dû profiter à son rival mais, sous la férule de l’Institut Pasteur, il fit attribuer à son adversaire ses propres erreurs et, dans le même temps, revendiqua la paternité de ses réussites. Pasteur a imposé des thérapies « guerrières » dont le corps humain devait faire cruellement les frais tandis que Béchamp prônait une thérapie plutôt bienveillante et, surtout, moins coûteuse. Pasteur faisait le jeu de l’industrie chimique avec la fabrication de produits toxiques allant bien au-delà de la pharmacopée puisqu’il fallait anéantir également les microbes du milieu ambiant et assurer une hygiène domestique accrue. Ainsi, il fut encouragé par tous les « marchands de canons » qui trouvèrent, dans la multiplication des produits bactéricides, une vraie mine d’or. Toutefois, les microbes, devenus résistants aux divers antibiotiques, exigent toujours plus de nouvelles armes dans ce combat sans fin, avec les conséquences que l’on connait sur notre environnement. Le professeur Paul Pages, de la faculté de médecine de Montpellier, s’exprimait ainsi à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Béchamp : « La pensée de notre savant a engendré des résultats d’une importance capitale, quand on les examine avec un recul suffisant. Maintenir l’ostracisme dont elle a été jusqu’ici frappée, serait faire l’aveu implicite d’une malveillance systématique procédant de raisons extra-scientifiques ». Le journaliste Lance en 1987 consacra tout un dossier aux « Tricheries de Pasteur » qui, par sa « malhonnêteté intellectuelle », contribua à reléguer Béchamp aux oubliettes. Ce dossier valut de nombreuses récompenses à la revue qu’il dirige. Claude Bernard, célèbre physiologiste français, s’intéressa de près aux découvertes de Béchamp et tenta d’en prouver le bien-fondé, mais il mourut prématurément et ne put mener à bien son projet.

 

Le Ribault incarcéré comme un malfrat

Loïc Le Ribault. Dessin : Luana
Loïc Le Ribault. Dessin : Luana

Breton né dans le Morbihan en 1947, décédé en 2007, il était l’homme qui « faisait parler les grains de sable ». Docteur ès sciences, en sédimentologie, ancien expert en micro-analyse près la Cour d’Appel de Bordeaux, ancien expert agréé près la Cour de Cassation, titulaire d’une maîtrise de lettres, il créa « l’exoscopie », méthode d’analyse de la surface des grains de sable au microscope électronique à balayage (MEB). Son ambition : la création d’un « laboratoire public équipé de MEB et de microsonde » pour seconder l’état et l’industrie dans différentes enquêtes. Sa proposition n’ayant pas abouti, il aura son propre labo privé, le Centre d’applications et de recherches en microscopie électronique (Carme), et, curieusement, à leur demande il rénovera la police scientifique française (micro-analyses, formation aux techniques de prélèvements d’indices…) qu’il initiera à l’usage du MEB. Il formera personnel policier et judiciaire permettant de faire aboutir nombre d’affaires criminelles et d’éviter l’écueil de l’erreur judiciaire. La DST française 2, le CEA 3, la police judiciaire, la gendarmerie nationale, de nombreux juges d’instruction feront appel à ses services ainsi que le FBI américain. Une fois les nouvelles techniques enseignées, bien connues et maîtrisées, l’Etat abandonnera toute commande ce qui aura pour effet de faire péricliter le labo. En 1994, Le Ribaud inventa le G5, silicium organique thérapeutique, qui permettait la guérison de nombreuses affections. « Dépourvu de toute toxicité, il se présente sous forme liquide, donc buvable, ce qui lui ouvre une nouvelle efficacité en usage interne ». Malgré son insistance, les autorités médicales refuseront de reconnaître les propriétés médicamenteuses du G5. C’est aux Caraïbes qu’il obtiendra la reconnaissance de cette solution comme médicament. De retour en France, il sera incarcéré sous prétexte de pratiques illicites de la médecine puis libéré. Se sentant menacé, il s’exilera en Irlande où il recréera son labo et poursuivra son œuvre scientifique, si dérangeante en France.

 

La thérapie étouffée de Naessens

Gaston Naessens. Dessin : Luana
Gaston Naessens. Dessin : Luana

Gaston Naessens naît à Roubaix en 1921. Biologiste, il est à l’origine d’un médicament anticancéreux aux retentissements gigantesques commercialisé de 1950 à 1960. Chercheur aux multiples facettes, il avait inventé le somatoscope (microscope) qui confirmait la présence de micro-organismes qu’il ne pouvait que soupçonner avec un matériel courant. Dès lors, il put observer l’évolution de ces micro-organismes vivants et c’était bien là, la nouveauté. Grâce à son invention, il posait, lui-même, les diagnostics de cancer et prescrivait l’anticancéreux de son cru, identifié sous le nom provisoire de GN-24, qui se montrait d’une extrême efficacité. Toutefois, Naessens n’était pas médecin mais biologiste et chercheur. Il n’avait donc pas le droit de pratiquer la médecine. Il fut alors contraint de cesser cette activité « illégale », laissant ses malades, désormais, sans soins et en « danger de mort » ! Il y avait non assistance à personne en danger. Ainsi, il tombait, deux fois, sous le coup de la loi. En 1956, son médicament, si efficace qu’il soit, fut saisi néanmoins : l’inspecteur de la santé publique lui permit d’en conserver pour la poursuite des travaux commencés et le traitement à ses patients. Mais en 1957, suite à une indiscrétion, maladroite, d’une patiente, il fut contraint d’abandonner cette activité bien que salvatrice. Il fut condamné pour « exercice illégal de la médecine ». En 1952, toujours à l’aide de son « microscope », il découvrit des corpuscules autres que virus et bactéries qu’il nomma « somatides ». Il poursuivit ses expériences sur des chevaux et des rats, il constata leurs effets anticancéreux et découvrit ce qu’il appella l’Anablast 5. Peu à peu, l’annonce de sa découverte atteignit le monde entier. La Corse où vivait Naessens à cette époque (1964) fut envahie de malades désireux de se faire traiter par l’Anablast. Une cohorte de 350 gendarmes expédiée sur l’île par le gouvernement français l’obligea à déclarer qu’il ne fabriquerait plus d’Anablast. Il fut encore une fois traduit en justice pour le même motif, « le professeur Denoix, directeur de l’Institut de cancérologie Roussy de Paris », ayant émis une opinion défavorable à son encontre. Sur l’incitation d’un policier dont il avait guéri le fils, condamné en France, il s’exila au Québec, notamment, pour soigner le petit Guynemer-Lamer gravement atteint d’une leucémie. Malheureusement, l’enfant décéda. Curieusement, les 38 ampoules d’Anablast, confectionnées par Naessens (« sous la surveillance constante du docteur Armand Frappier ») et qu’il avait confiées au directeur de l’hôpital Sainte-Justine pour injecter à l’enfant, lui furent rendues intactes. Il est aisé de conclure qu’elles n’ont donc pas été utilisées. Et Pierre Lance de s’interroger, « le scepticisme dogmatique des officiels auraient-ils pu les conduire à risquer la vie de l’enfant ? » Naessens a poursuivi ses recherches. Vingt ans plus tard, invité sur le plateau d’une télévision québécoise, il fut traité de « charlatan » par Augustin Roy, président de la Corporation des médecins du Québec. Conséquence de cette émission, fort médiatisée, il fut poursuivi pour « voie de fait, fraudes, négligences criminelles ayant entraîné la mort ». S’ensuivit le 30 mai 1989 une arrestation devant les médias. On l’accusa d’avoir trompé trois personnes sur leur état de santé. En réalité, il avait été victime d’une ruse savamment orchestrée : deux faux patients et une fausse cancéreuse engagés par la Corporation ont tenté de le confondre. Naessens n’est pas tombé dans le piège, il affirma que la fausse patiente, malgré son dossier médical alarmant, n’était pas atteinte d’un cancer. Toutefois, il fut accusé d’avoir administré à l’un des deux agents camouflés de la Corporation, du 714-X 6, dernier médicament dont il était à l’origine qui agissait sur le cycle des somatides. Produit fort efficace, notamment, sur le lymphome du chat. Entre temps, en effet, grâce à l’appui d’un mécène, David Steward, Naessens avait pu créer un labo et perfectionner le 714X. Très vite, de nombreux patients réclamèrent un traitement par le 714X. Naessens précise que la rémission est de 25% sur les cancers en phase terminale, 50% sur les cancers avancés et 100% sur les primitifs. Ce qui ne manqua pas d’éveiller de grandes inquiétudes du côté de la médecine conventionnelle. Pour preuve, condamné, il a dû payer 300 000 francs d’amende et verser 600 000 francs de dommages et intérêts à l’Ordre des médecins. Sous le manteau, le médicament guérit 2 000 personnes atteintes du Sida et du cancer. Les témoignages sont pléthore. Aujourd’hui, le 714-X est utilisé en France, en Autriche, en Russie, au Japon, en Belgique, en Suisse et aux Etats-Unis. Naessens a, aujourd’hui, 94 ans.

 

Lagarde contraint à l’exil

Philippe Lagarde. Dessin : Luana
Philippe Lagarde. Dessin : Luana

Poursuites, emprisonnement, humiliations, outrages, exil… ne sont que quelques-uns des maux infligés à Philippe Lagarde (1941). Pourquoi et comment ce médecin français (externe des hôpitaux, titulaire d’un certificat d’études spéciales (CES) en stomatologie et chirurgie maxillo-faciale, de deux certificats de physique, chimie, biologie, diplômé universitaire de cancérologie et doté d’un certificat de radiothérapie) se retrouva-t-il contraint de fuir sa patrie pour exercer la médecine ? Le Dr Henri Heitan, médecin personnel du chancelier Konrad Adenauer et cancérologue renommé auprès de qui il avait fait ses premières armes en cancérologie, lui confia à sa mort l’ensemble de ses travaux afin qu’il poursuive ses recherches. C’est ainsi qu’il affina les résultats du savant sur les stades de cancer et qu’il parvint à établir les « terrains prédisposés à les développer ». Son livre, Ce qu’on vous cache sur le cancer, (1981) qui le fit connaître du grand public lui valut plus que des inimitiés dans la profession. Il y affirmait « lutter contre l’ostracisme des classiques » et « dénonçait les charlatans des médecines parallèles ». Lagarde prône la pratique des thérapies classiques et des médecines alternatives associées. Jacques Barrot (1974) et Georgina Dufoix (1986), ministres de la Santé, firent appel à lui à propos de l’évaluation des médecines alternatives. Lorsqu’il proposa, entre autres, la phytothérapie par le gui et l’électromagnétisme, il ne se fit pas que des amis. La première devait agir contre la multiplication des cellules cancéreuses et stimuler l’immunité ; la seconde rééquilibrer l’organisme destabilisé par les agressions chimiques. Comment peut-on reprocher à un médecin de tout faire pour offrir à son patient un mieux être voire une guérison ? D’autant que les produits utilisés par le Dr Lagarde ne sont que des compléments alimentaires naturels… Il n’a jamais nui à quiconque. Il n’a jamais tué… et pourtant, le Dr Lagarde est poursuivi, arrêté, interrogé et… emprisonné. Les chefs d’accusation : exercice illégal de la biologie, de la pharmacie, escroquerie. Il faut noter les moyens employés lors des interrogatoires et que Pierre Lance n’hésite pas à rapprocher des « pratiques du KGB » : interrogatoires d’usure, privation de nourriture pendant plus d’une journée, cellule froide et sale, peu propice au repos et encore moins au sommeil, soumission et sentiment de dépendance imposés par l’attitude des geôliers, policiers et même du médecin de l’Ordre qui l’interroge. Le troisième chef d’accusation fait état de la création de l’association Cancer Espoir, soit disant non déclarée en préfecture, ce qui est faux, et qu’il vient tout juste de créer dans le but d’acheter des pompes à chimio pour les traitements à l’interleukine 7. Lagarde se défend bien, il déjoue toutes les accusations. Il n’est pas homme à s’en laisser compter, il répond judicieusement, il corrige les erreurs et omissions volontaires du procès-verbal d’audition. Aucune raison valable, aucune preuve solide et pourtant, le Dr Lagarde est maintenu en détention. Avant sa comparution devant le juge, son avocat qu’il ne connaît pas, lui conseille de ne pas parler afin de ne pas aggraver son cas. Fatigué, sans doute usé par les heures d’insomnie et le manque de nourriture, il s’exécute et répond à la question « qu’avez-vous à déclarer ? Je n’ai… rien à dire ». Lagarde est maintenu en prison par le juge alors que c’est la chambre d’accusation qui aurait dû le maintenir ou le faire libérer. Simultanément, quelques médecins créent une association de soutien de la médecine et les malades du Dr Lagarde s’organisent en comité pour assurer l’information « des médias et du public ». Le frère d’une de ses patientes entame une grève de la faim. Il veut assurer par ce geste la libération du médecin pour qu’il soigne à nouveau sa sœur qui, finalement, décèdera du fait de traitement interrompu. Suite à une grande manifestation à Paris (1988), le Dr Lagarde finira par recouvrer sa liberté. Il s’exilera en Italie où il créera un centre de santé près de Venise. Le Dr Lagarde est, désormais, âgé de 74 ans.

 

Europe

Kammerer, « suicidé » par les nazis ?

Paul Kammerer. Dessin : Luana
Paul Kammerer. Dessin : Luana

Dans le cas du biologiste autrichien, Paul Kammerer, né en 1880, la politique semble avoir submergé la science. Membre de l’Institut de recherche biologique de Vienne, il axa ses expériences sur les « modifications de l’hérédité ». Alors que les manipulations génétiques et les OGM 8 suscitent, aujourd’hui, une méfiance quasi générale, Paul Kammerer prouva, scientifiquement, l’hérédité des caractères acquis (HCA), longtemps niée par les généticiens et toujours passée sous silence à ce jour. Il s’opposa ainsi au dogme scientifique qui voulait que les caractères acquis ne soient pas héréditaires. Il affirma que le code génétique immuable était une contre-vérité. Il justifia ses affirmations par de nombreuses expériences fort probantes dont les premières portèrent sur les salamandres et les crapauds. Kammerer démontra alors une « inversion complète et héréditaire des caractères reproductifs » validée, après plusieurs années, par de multiples expériences de confirmation sur différentes espèces animales. Personne ne fit cas de ses découvertes. Il fut accusé de tricherie. Les biologistes affirmèrent qu’il s’était fourvoyé. Curieusement, aucune « expérience contradictoire » ne fut jamais tentée. Pour comprendre cet état de fait, il convient, toutefois, de replacer ce qui constitue un « formidable complot politique » dans le contexte de l’époque. Dès lors, l’évidence de l’HCA démontrée par le savant autrichien prend tout son sens. Si l’on put dire de Kammerer qu’il avait triché, c’est parce qu’il y eut sabotage sur les spécimens qu’il avait l’intention de soumettre au spécialiste des reptiles G.-K. Noble aux Etats-Unis. Le suspect, car suspect il y avait, ne fut jamais confondu, faute de preuve. Plus que par jalousie, c’est pour des raisons politiques qu’il fut amené à agir ainsi. « La preuve de l’HCA eut porté un coup mortel à la doctrine raciste de l’inégalité génétiquement déterminée des peuples et des nations ». A cette époque, à Vienne, les nazis prenaient de plus en plus d’importance. Kammerer ,qui s’est vu proposer le projet de construire un « institut en Russie soviétique », dérangeait : prouver l’HCA signifie pour l’extrême gauche qu’un être peut améliorer les caractères de sa descendance en s’améliorant lui-même. Ce qui rend caduque l’idée des « inégalités éternelles » véhiculées par les idéologies racistes d’extrême droite. Si l’individualisme intervient dans l’apparition de traits nouveaux, égalitarisme et collectivisme d’extrême gauche n’ont plus de sens. Les nazis, quant à eux, pressentent immédiatement les risques que fait courir l’HCA à leur idéologie. Ce sont les différences génétiques d’un peuple à l’autre qui leur permettent d’avancer la thèse de la préexcellence de la race blanche « pure » dite aryenne. En admettant que les progrès volontaires de chacun assurent l’amélioration de la descendance, Kammerer nuit considérablement aux plans du IIIe Reich. La guerre froide entre les démocraties occidentales et le régime totalitaire de l’URSS faisait suite à la seconde guerre mondiale. Il aurait été mal venu, alors d’aquescier à la preuve de l’HCA que les Russes n’avaient pas manqué d’utiliser pour valider leur projet « d’éducation socialiste ». Le 1er octobre 1926, le savant devait s’installer à Moscou dans un grand laboratoire mis à sa disposition mais le 23 septembre, un Autrichien, cantonnier de son état, trouva son cadavre « suicidé » : un revolver dans la main droite et une balle dans la tempe gauche. Est-il nécessaire d’être légiste pour juger de la faisabilité de l’acte ?

 

« L’affaire Prioré » : un scandale médical

Antoine Prioré. Dessin : Luana
Antoine Prioré. Dessin : Luana

« Après la pomme de Newton, l’orange de Prioré », écrivait Jean-Michel Graille, journaliste à Sud Ouest, à propos de « l’affaire Prioré » qui fit couler beaucoup d’encre à la fin des années 1960. Natif de Trieste en Italie, Antoine Prioré (1912-1983) est ingénieur électronicien, diplômé de l’école d’électricité Alexandre-Volta avant d’intégrer l’école supérieure d’électronique de Bologne. Durant la Seconde Guerre mondiale, il fut envoyé en Albanie, en vue de rétablir la bonne marche d’une centrale électrique en panne. Là, il constate l’état de parfaite conservation d’oranges restées, pourtant à l’abandon, des semaines durant. Proches d’une charge électromagnétique, elles sont nullement pourries mais absolument comestibles. Il en déduit que les champs « magnétiques et électromagnétiques » peuvent préserver les aliments de la dégradation. De là à imaginer la création d’une machine capable de conserver les produits de l’industrie agro-alimentaire, il n’y a qu’un pas. Dès 1960, grâce à l’intervention du Dr Francis Berlureau, vétérinaire, directeur des abattoirs municipaux, auprès de Jacques Chaban-Delmas alors maire de la capitale girondine, Prioré obtient l’autorisation d’utiliser les abattoirs pour mener à bien ses travaux sur les tissus végétaux et animaux. Prioré soumet des rats cancéreux aux rayons de sa machine, les tumeurs régresses, les résultats sont spectaculaires. Il vient d’inventer « le rayon anticancer ». Il va devenir « l’homme qui guérit le cancer », lui, « le non-médecin », émigré italien. Prioré est la cible d’une médisance qui, en vue d’invalider son invention, l’accuse d’avoir procéder à des « substitutions d’animaux ». En février 1970, la direction de l’Inserm 9 refuse la construction d’un appareil par Prioré, dans les locaux de l’unité U89, au mépris d’une demande adressée par Raymond Pautrizel, professeur à la faculté de médecine de Bordeaux. En décembre 1979, Prioré envoi une note à l’Académie de médecine. Sa publication est refusée malgré des conclusions probantes sur le « traitement des cancers humains » obtenues par son générateur électromagnétique. En 1981, grâce à l’intervention de l’Amiral Pierre Emeury, conseiller scientifique de la présidence de la République « qui estime, pour sa part, qu’il s’agit de la plus importante découverte médicale et scientifique du siècle », le président Giscard d’Estaing « donne son feu vert le 2 février ». L’Amiral Emeury demande alors, l’élaboration d’un « protocole expérimental » à l’Académie des sciences de Paris en vue de confier son exécution aux services scientifiques de l’armée. Le professeur Jean Bernard, à la tête de l’Académie, emporte le dossier et ne le ramènera pas. « La commission est enterrée avant d’avoir fonctionné. » Le 10 mai, l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République contraint le nouveau ministre de la recherche, Jean-Pierre Chevènement, à exiger que l’Académie des sciences remette son rapport alors que l’Amiral Emeury fait valoir ses droits à la retraite. Le 23 mars 1982, la commission de l’Académie remet 23 pages que pour des raisons inexpliquées, « Chevènement refuse de rendre publique ». Le 2 mai 1983, le document est enfin transmis au Pr Pautrizel au terme d’une année de lourde insistance. « Il constate avec effroi que de nombreuses expérimentations probantes ne sont pas mentionnées et que le rapport démolit complètement le dossier Prioré, non sans mentionner toutefois que le rayonnement Prioré a un effet biologique incontestable ». Une semaine plus tard, Antoine Prioré meurt à 71 ans, après 33 ans d’un combat sans relâche mené dans le seul but de sauver des vies humaines. Depuis la première guérison certifiée, obtenue par l’appareil Prioré en 1955, comment peut-on se contenter des progrès de la médecine actuelle alors que les décès par cancer se chiffrent encore aujourd’hui par millions chaque année ? Ne pourrait-on revoir les avancées de la machine Prioré, « qui guérit le cancer à coup sûr (…) inutilisée depuis 57 ans à Bordeaux et dont l’inventeur mourut dans l’amertume sans être parvenu à la faire agréer par la communauté scientifique et les pouvoirs publics » ? Peut-on aller jusqu’à penser, comme Pierre Lance, que ces vies brisées par la maladie et dans les souffrances que l’on sait, ne seraient peut-être que des vies de victimes « assassinées par omission » et « que les membres des Académies des sciences et de médecine de Paris, capitale du pays des Droits de l’Homme, pourraient-être les responsables-coupables de cet holocauste » ? Léon-L. Gruart, journaliste au Figaro, publie le résultat de ses investigations le 10 mars 1965. Il écrit, notamment, à propos du Dr Biraben de la Faculté de médecine de Bordeaux, alors chargé d’étudier le générateur de Prioré : « Selon certaines informations de milieux scientifiques, les résultats auraient été, à l’époque, déjà positifs sur les petits animaux et le Pr Biraben aurait fait un rapport en ce sens. C’est alors que les autorités supérieures lui auraient donné le conseil impératif “de se tenir tranquille” et de ne plus parler de cette affaire. » Ce qu’il fit en contre partie « de son succès à l’agrégation, condition sine qua non imposée par le professeur Lachapèle » qui, comble du comble, n’était autre que le directeur du centre anticancéreux de Bordeaux ! Un odieux chantage que rapportera le journaliste Graille de Sud-Ouest. « Si la chose se révélait exacte, il s’agirait là d’un véritable scandale médical qui devrait être sévèrement jugé », écrira Gruart dans le Figaro à propos de la « nomenklatura » médicale.

 

Elmiger se heurte au corps médical

Jean Elmiger. Dessin : Luana
Jean Elmiger. Dessin : Luana

Né en 1935 en Suisse, Jean Elmiger est issu d’une famille de 23 médecins. Avec un cursus classique de médecine hospitalière, il découvre à 40 ans l’homéopathie, selon son inventeur Samuel Hahnemann. A force d’expérience, il démontre l’homéopathie séquentielle : c’est-à-dire une médecine qui commence par nettoyer le corps des « agressions, des plus récentes  aux plus anciennes » (choc de la naissance). Une thérapie reconstructive mise au point après de très nombreuses expériences et sur un long terme. Par ailleurs, détracteur des vaccins qu’il trouve trop nombreux, trop agressifs et pratiqués trop tôt, il va jusqu’à affirmer que leur « systématisation abusive » fait courir des risques supérieurs au mal que l’on souhaite endiguer. Un raisonnement qui ne fait, évidemment, pas de l’industrie pharmaceutique sa meilleure alliée. Il n’est pourtant pas, totalement, opposé au principe de la vaccination en soi, mais au fait que cela impose à l’organisme de subir un choc sans y avoir été préparé. Ce à quoi l’homéopathie séquentielle peut remédier en douceur et progressivement. Bien que de nombreuses guérisons spectaculaires et définitives viennent prouver les bienfaits de cette thérapie, le Dr Elmiger n’est pas reconnu par ses pairs… Malgré l’accumulation de preuves de validité, il se heurte à l’hostilité du corps médical. (…)

 

Amérique

Tesla : un temps d’avance

Nikola Tesla vers 1893. Credit : Napoleon Sarony (1821-1896)
Nikola Tesla vers 1893. Credit : Napoleon Sarony (1821-1896)

Physicien yougoslave, Nikola Tesla (1856-1943) fut contemporain de Thomas Edison avec lequel il travailla en Amérique dès 1884. Toutefois, les deux hommes ne s’entendaient guère : Edison, véritable boss peu délicat, s’efforçait de fournir de l’électricité au tarif le plus élevé tandis que Tesla souhaitait mettre à la disposition du plus grand nombre une énergie totalement gratuite. Le capitalisme avide s’opposait à l’humanisme généreux. Cette collaboration antagoniste ne dura pas. Tesla se retrouva cantonnier à New-York (USA). C’est un ingénieur de renom, George Westinghouse qui racheta ses brevets et lui permit de reprendre la progression de ses recherches. Il imagina les courants polyphasés et inventa le couplage de deux circuits oscillants par induction mutuelle, selon la définition du Petit Larousse. A l’origine du moteur à induction, présent dans la plupart des appareils actuels, Tesla, poète et homme de sciences parlant six langues, humaniste et idéaliste, doit sa célébrité incontestée à ses extraordinaires découvertes dans le domaine de l’énergie libre. Il démontra qu’on pouvait transmettre le courant sans fil. Pionnier du courant alternatif, il réussit à utiliser la Terre comme conducteur électrique et parvint à y envoyer une formidable pulsion d’énergie. Ce fut la plus forte décharge artificielle de tous les temps. Toutefois, la société qui lui fournissait le courant stoppera sa collaboration. Le manque d’argent freinera ses nombreux projets. Trop en avance sur son temps, il fut incompris et tomba dans l’oubli parce qu’il était à l’origine « d’une énergie naturelle abondante et gratuite, ce qui ne pouvait qu’irriter ceux qui font fortune grâce au pétrole ou au nucléaire ».

 

Pauling : un Prix Nobel tourné en dérision

Linus Pauling. Crédit : DR
Linus Pauling. Crédit : DR

Linus Carl Pauling (1901-1994) est un chimiste américain né le 29 février 1901 dans l’Oregon, à Portland, dont les travaux sur les macromolécules organiques et les liaisons chimiques lui valurent le Prix Nobel de chimie en 1954. Il reçut, également, le Prix Nobel de la Paix en 1963 grâce à son action pour l’arrêt des essais nucléaires. Chercheur passionné, il s’intéressa à de multiples domaines dont l’anesthésie, la biologie, la cristallographie, l’immunologie, la médecine… et l’évolution de l’espèce. Il ne cessa de considérer l’impact de ses recherches sur la santé. Mondialement connu et apprécié, il perdit, pourtant, toute crédibilité et fut même tourné en dérision dès lors qu’il avança que la vitamine C pouvait venir à bout de toutes les pathologies dégénératives et même du cancer. Sachant que la maladie est un moyen sûr de faire fortune dans le monde médical et pharmaceutique, il est aisé de comprendre que l’acide ascorbique, simple substance naturelle que l’on trouve en quantité dans les fruits et légumes, ne pouvait que nuire à cette frange de la population en les mettant sur la paille ! Qu’importe si, a contrario,  elle avait la capacité d’aider les hommes dans leur ensemble à lutter contre ou à se préserver de la plupart des maladies !

 

Hérelle précipité dans l’anonymat

Félix d'Hérelle. Dessin : Luana
Félix d’Hérelle. Dessin : Luana

Médecin bactériologiste né à Montréal le 25 avril 1873, Félix d’Hérelle (1873-1949) exerça presque toute sa vie durant en France. Il découvrit l’existence du « bactériophage », virus ami qui tue les agents pathogènes. Cette découverte majeure qui aurait pu lui valoir la reconnaissance de toute la corporation et des malades, l’a plutôt précipité dans l’anonymat. Aujourd’hui, 420 virus bactériophages ont été répertoriés par le Pr Ackermann qui, dès 2003, a transmis sa collection à Sylvain Moineau, professeur à l’université de Laval (Quebec 13). Félix d’Hérelle après avoir été, tour à tour, militaire puis déserteur, fabricant de whisky, chercheur d’or, fondateur et directeur d’une chocolaterie, finit par trouver sa voie en 1902 au Guatemala où il œuvre contre la fièvre jaune. Sa passion de chercheur l’entraîne ensuite en Amérique centrale ainsi qu’au Mexique. C’est là qu’en 1907, il fait la découverte du cocobacille responsable de l’entérite des sauterelles, ce qui l’incite à combattre, avec succès, ces insectes envahissants et ravageurs. En 1911, alors assistant de recherches à l’Institut Pasteur, il poursuit ses expériences et note dès 1915 l’existence de « plages de lyse » (surface débarrassée de ses bacilles) sur des mises en culture bactériennes. Il rend public ses résultats en 1917. Dès lors, il utilise les virus bactériophages dans la lutte contre diverses infections et épidémies. Grâce à cette avancée scientifique majeure, il bénéficie d’une reconnaissance planétaire jusqu’en 1925. Date à laquelle il est fort bizarrement remercié par l’Institut Pasteur pour des raisons qui demanderaient à être éclaircies.

 

Russie

Salmanoff : un paria du corps médical

Alexandre Salmanoff. Dessin : Luana
Alexandre Salmanoff. Dessin : Luana

Grand ponte de la médecine russe, diplômé des facultés de Moscou, Berlin et Pavie, également titré en droit, histoire, lettres et philosophie, capable de comprendre 7 langues dont le français qu’il parle à la perfection selon Jean Palaiseul, journaliste et écrivain, Alexandre Salmanoff (1875-1964) fut également le médecin personnel de Lénine. Adepte des arguments de Wilhem Erb, neurologue de renom, qu’il rencontra en Allemagne et qu’il assista pendant trois ans, il partage avec lui un intérêt plus grand pour le malade que pour la maladie. Il mit au point une médecine naturelle qui repose sur le rôle des capillaires et de la peau qu’il se plaît à nommer « cerveau périphérique ». Partant du principe que 80% du sang circule par les capillaires pour irriguer organes et tissus, il s’applique à coopérer avec la nature au lieu de la contraindre. Créateur de la capillothérapie qu’il se plait à nommer médecine des profondeurs et, bien que considéré lui-même comme l’un des meilleurs spécialistes des poumons et du cœur, il dénonce la spécialisation de la médecine moderne qui prend en compte l’homme « morceau par morceau », le négligeant dans sa globalité. Sa thérapeutique est intégrale : « c’est l’homme qu’il faut soigner », dit-il. Affirmant, « j’ai rejeté 90% de la médecine officielle, ne conservant que 10% des principes et méthodes », il met l’accent sur ce qui fera de lui un paria du corps médical. Autre élément essentiel du corps humain, la peau. Organe respirant et régulateur de la température corporelle. Salmanoff la considère comme « la plus grande endocrine ». C’est une surface « largissime » dotée de capillaires cutanés qui agissent dans les moindres recoins du corps. Bref, il fait confiance à l’organisme, lequel est conçu dès les origines, pour pallier, naturellement, toute agression interne ou externe, visible ou microscopique. La température corporelle si elle doit être maintenue à plus ou moins 37 ° s’élève en cas d’atteinte pour s’en défendre. L’organisme tend à retrouver sa température originelle pour détruire les germes pathogènes et favoriser l’équilibre initial de son métabolisme. Ainsi, il conseille les bains hyperthermiques contre les maladies infectieuses… pour atteindre une température artificielle sans fatigue pour le corps. En fait, il permet à l’organisme de récupérer ses réserves énergétiques par hydrothérapie qui implique une prescription moindre des médicaments : toxiques, déprimants… Salmanoff souhaitait que les étudiants n’encombrassent pas leur cerveau d’une terminologie liée ,entre autres, à l’anatomie descriptive. Cette dernière tendant à faire du corps humain le réceptacle d’éléments indépendants alors que la circulation sanguine en assure l’unité et la vie. Il avance la notion « d’anatomie étalée ». Il s’oppose au matraquage des produits chimiques sur l’organisme qui le détruisent au lieu de le sauvegarder. Il prône le fait que le corps humain est bâti de manière à pallier et à compenser les agressions internes comme externes par des agents visibles ou microscopiques. Il propose de réduire de 90% l’usage des médicaments, d’accroître les centres d’hydrothérapie, d’appliquer la diététique… ce qui révolte la médecine officielle.

 

Makhonine aux oubliettes

Ivan Makhonine. Dessin : Luana
Ivan Makhonine. Dessin : Luana

Ivan Makhonine (1895-1973) est ingénieur et politicien russe de Saint-Pétersbourg et l’inventeur des balles perforantes utilisées contre les blindés allemands lors de la première guerre mondiale. Découverte qui devint secret d’Etat en France quelques années plus tard. En 1918, devant la grave pénurie de charbon et de bois, il inventa la locomotive électrique qu’il conduisit lui-même fort longtemps sur le parcours, long de 650 km, séparant Moscou de Leningrad. Légèreté et économie de cette invention lui valurent une notoriété mondiale. Devant le peu d’intérêt et de reconnaissance des Russes pour son personnage, il s’installa en France où il fut nommé « en 1923 ingénieur-conseil auprès du ministre de la guerre ». Dès 1924, il s’intéressa à la fabrication de fusées. En 1928, il inventa « un avion à ailes variables » qui détrônera le Lockheed Elektra, jusqu’alors détenteur du record de vitesse. Grand amoureux de la France, il poussa, dès 1930, le désintéressement jusqu’à réaliser des inventions sur ses deniers personnels dans le seul but de remercier cette terre d’accueil de son hospitalité à son égard. Spécialiste des fusées, il souhaite doter la France de sa nouvelle invention, une fusée de type feu d’artifice à longue portée et portant une charge explosant « au contact du sol ». Les dirigeants de l’époque firent fi de tant de générosité et ne comprirent pas l’intérêt d’une telle arme. Il fut surtout l’inventeur du « carburant ininflammable », à mi-chemin entre l’essence et le gasoil. Il avait trouvé là une alternative salvatrice à notre dépendance au pétrole puisque ce néocarburant utilisait comme matière première des goudrons de houilles, des charbons de mauvaise qualité aussi bien que des huiles végétales. Bref, des « déchets carbonés ou hydrocarbonés ». Ce produit novateur dépourvu d’effluves déplaisantes et d’émanations semblait , a priori, non polluant et certainement bon marché. A n’en pas douter, sa mise sur le marché aurait été fort nuisible et dangereuse pour l’industrie pétrolière. Ceci explique, probablement, que ce projet soit passé aux oubliettes.

 

Parès : la chimie rapporte plus que la nature

Yvette Parès. Dessin : Luana
Yvette Parès. Dessin : Luana

Yvette Parès (1926 – 2010). Docteur en sciences et en médecine, Yvette Perès, professeur à l’université de Dakar, se tourne vers la pratique de la médecine traditionnelle africaine qu’elle étudie pendant 15 ans auprès de Dadi Dialo, grand maître guérisseur peul. En 1980, elle fonde, près de Dakar, un centre de soins, devenu l’hôpital de Keur Massar en 1985. Elle y utilise ses connaissances sur les plantes de brousse et obtient d’excellents résultats sur les maladies qui affectent plus particulièrement l’Afrique : lèpre, paludisme, tuberculose, dermatoses… Mais aussi, le Sida. Elle se heurte, évidemment, à la médecine occidentale qui refuse de reconnaître l’efficacité de ses traitements malgré un nombre de guérisons remarquables. Pourtant, sa rigueur scientifique ne peut la placer au rang des « charlatans ». Elle a conscience que l’homme et la nature sont un couple indissociable. On sait à quel point les sacro-saintes « multinationales de la chimie » étendent leur grappin sur tous les pays. Les enjeux ne changent pas, ils sont essentiellement financiers. La chimie rapporte plus que la nature. Qu’importe le malade puisque c’est la maladie qui est source de profits. Un jour, peut-être, les médecins occidentaux accepteront-ils d’admettre que l’homme et la nature sont complémentaires.

 

 

Les déboires, sans cesse renouvelés, de ces figures scientifiques de grande valeur, pourraient apparaître comme la base commune de romans mi-polars, mi-fictions, d’histoires audacieuses voire invraisemblables, de films signés Costa Gavras… L’imagination humaine est fertile mais la bêtise, l’acharnement, la notion de profit, la peur le sont plus encore. Au point que les mésaventures des savants précités ne sont nullement le fruit d’une créativité bouillonnante mais bien le reflet dramatique d’une vérité honteuse qui nous offense. Dans un pays de doctrine républicaine, patrie des droits de l’Homme où chacun se targue de liberté, d’égalité et de fraternité, il est toléré qu’une poignée d’individus régente l’univers à son seul bénéfice et plus grave, au détriment de l’humanité toute entière. A quand la fin de cette course au profit effrénée, véritable divagation meurtrière, responsabilité de gouvernements des pays riches ? Pourquoi ces savants n’ont-ils pas le soutien qu’ils sont en droit d’attendre, l’écoute qu’ils méritent ? Pourquoi les discrédite-t-on systématiquement ? Parce qu’ils pourraient, en un tour de main, déstabiliser l’ordre établi et, surtout, mettre à mal les despotes confortablement assis sur leurs acquis, pire, ruiner peut-être leur empire. « Tu trembles carcasse, assis sur ton or ; Tu trembles, tu trembles, tu as peur de la mort10. »

 

  1. Savants maudits, chercheurs exclus, Pierre Lance, 4 tomes, collection « Guérisons interdites, survivants illégaux », Guy Trédaniel Editeur.
  2. Direction de la surveillance du territoire (DST), nommée depuis peu Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), rattachée au ministère français de l’Intérieur.
  3. Commissariat à l’énergie atomique (CEA), France.
  4. Le Federal bureau of investigation (FBI) est, aux Etats-Unis, à la fois le principal service fédéral de police judiciaire et un service de renseignement intérieur. Il est l’organisme d’enquête majeur du gouvernement américain. Ses attributions incluent l’antiterrorisme, le contre-espionnage, la cybercriminalité et la médecine légale.
  5. Anablast (ou 714-X) également appelée « chlorure de trimethylbicyclonitramineoheptane » est une substance aujourd’hui conçue par Cerbe Distribution Inc. (www.cerbe.com) et vendu sous l’appelation de « traitement médical alternatif ».
  6. 714-X (ou Anablast)
  7. Cytokine sécrétée par des macrophages et des lymphocytes leur permettant d’agir sur d’autres cellules du système immunitaire. L’Interleukine (un dérivé de l’Interferon) est, notamment, utilisé aujourd’hui dans le traitement du Sida.
  8. Organisme génétiquement modifié (OGM) – Or, parmi les arguments « rassurants » que se servent à eux-mêmes les manipulateurs, figure en bonne place le dogme de la fixité génétique.
  9. Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), France.
  10. Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne (1611-1675), est un militaire français connu pour ses fines stratégies et sa dévotion à Louis XIII en tant que maréchal de France. Passé dans le camp des Frondeurs sous le règne de Louis XIV sous l’influence de la duchesse de Longueville, le fils du duc de Bouillon rallie finalement la cause de Mazarin et d’Anne d’Autriche pour devenir le « prince étranger » au commandement des armées royales. A l’été 1675, il défie l’Italien Montecuccoli devant Salzbach, durant la Guerre de Hollande. Avant la bataille, il encourage sa jument dénommée Carcasse : « Tu trembles, Carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener ». Il est tué par un boulet de canon au début de la bataille.

 

Crédit : DR
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