Des banques irrémédiablement compromises


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Entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2014 ce sont 208 800 dossiers* de surendettement qui ont été déclarés recevables par la commission de surendettement, autant dire  qu’à la banque de France ont ne chôme pas. Le profil type du surendetté est à 64% une personne célibataire, séparée, divorcée ou veuf. Le contexte sociodémographique pèse donc lourd dans la balance. Ces personnes n’ont d’autre recours que de demander le rééchelonnement voir l’annulation pure et simple de leur dette à leur propre bourreau.  Un peu comme la Grèce à l’échelle internationale et Européenne. Sauf qu’en Grèce on ne joue pas dans la même catégorie. Enjeux oblige. Toutefois le constat est le même. Que l’on parle en milliers ou en milliards d’euros, ou que l’on s’adresse à l’Eurosytème ou à la banque de France, se plier toujours et encore au lobbying des établissements bancaires et financiers est inévitable. Si Alexis Tsipras y risque sa majorité parlementaire, et ce à cause d’une loi stupide qui interdit les états européens de s’autofinancer auprès de leur banque centrale,   l’individu lambda lui, y laisse sa dignité, parce que le système bancaire a des failles et qu’il en abuse.

Si le contexte sociodémographique joue donc effectivement un rôle de premier plan dans le surendettement des ménages, sa véritable cause  est ailleurs. Ce sont les banques elles-mêmes qui contribueraient directement à l’endettement des ménages. C’est d’ailleurs ce que cherche à démontrer l’APLOMB (Association pour la légalité des opérations et mouvements bancaires). Le but de la démarche comme le précise Gérard Faure Kapper, son Président, est d’imposer des lois républicaines au système bancaire visant à éclairer les citoyens sur leurs droits bancaires notamment sur la légalité des opérations bancaires. Notamment concernant le calcul du taux effectif global lorsque vous contractez un crédit bancaire. Mais derrière le combat juridique, il y a un autre combat  dont on parle peu : la lutte contre le suicide, conséquence directe et immédiate à laquelle peut conduire une situation de surendettement, qui pourrait s’apparenter à un crime économique.  

Accusées de tout les maux les banques sont mises à mal et n’ont de cesse de clamer leur irresponsabilité. Depuis la crise des « subprimes » – débutant à l’automne 2008 en Europe et à partir de juillet 2007 aux Etats-Unis – elles n’ont pas réussi à redorer leur blason, si tant est qu’il fût un jour doré, et se délitent dans une situation irrémédiablement compromise.

*Rapport de la banque de France août 2015

 

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