Parlement de la Mer : « On ne peut pas faire n’importe quoi » !


« La Méditerranée, c'est un potentiel exceptionnel » s'emporte l'ex-ministre des transport, Jean-Claude Gayssot (PS). Crédit : DR
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A l’image du thème « Ensemble, prenons en main notre Méditerranée », les acteurs de la communauté maritime se sont réunis au Corum de Montpellier le 21 mars 2013 pour le lancement du Parlement de la Mer en Languedoc-Roussillon. Une initiative saluée par neuf personnalités nationales du monde de la mer qui se sont prononcées sur l’état et le devenir de la Grand Bleue. Polémique.

 

Eudes Riblier (Ifremer) : « La mer est un monde fini et fragile »

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Gilles Boeuf. Crédit : DR

« L’immensité de la mer ne doit pas faire oublier qu’elle est un monde fini et fragile, dans lequel on ne peut pas faire n’importe quoi » lance, en préambule, Eudes Riblier, président de l’Institut français de la mer (Ifremer). « Nous avons le devoir de la faire aimer et de la faire respecter » renchérit-il. « Nous constatons que nous avons des mers extrêmement riches, avec des perspectives économiques extraordinaires mais des pressions également colossales » relève la navigatrice et journaliste, Catherine Chabaud qui réaffirme avec force « pour en tirer le meilleurs, il faut travailler tous ensemble, en associant également les terriens, comme les agriculteurs ou les gestionnaires des eaux et des déchets ». Pour Gilles Boeuf, président du Museum national d’histoire naturelle, « aujourd’hui, le contexte général est clair » lâche-il. « Nous sommes totalement inclus dans la biodiversité, nous ne pouvons pas nous en passer ». Et d’ajouter, « nous devons nous battre tous ensemble pour garder en faveur de l’humain un minimum de bien être et éviter son mal être dans le futur ». Le biologiste, Laurent Ballesta, spécialisé, notamment, dans la photographie marine est, quant à lui, formel : « Le paradoxe, c’est que pour valoriser la mer, il faut la pratiquer, y aller. Mais ce faisant, il y a tout de suite un impact. Il faut donc en règlementer les usages » prône t-il.

 

Jean-Claude Gayssot (PS) : « Un potentiel exceptionnel »

Jean-Claude Gayssot. Crédit : DR
Jean-Claude Gayssot. Crédit : DR

« On a tellement longtemps tourné le dos à la mer qu’on ne savait plus où elle était » confesse Jean-François Rapin (UMP), nouveau président de l’Association nationale des élus du littoral (Anel) qui ne craint pas l’eau mais « l’étau de l’écologie. Aujourd’hui, une prise de conscience forte se fait parmi les élus locaux : il est essentiel de concilier l’environnement et le développement » estime le président de l’Anel qui est aussi maire de Merlimont (Pas-de-Calais). « La Méditerranée, c’est un potentiel exceptionnel » s’emporte l’ex-ministre des transports, Jean-Claude Gayssot (PS), vice président de la région Languedoc-Roussillon en charge de l’Europe et des relations internationales. « Ce n’est pas un mur, ce n’est pas une frontière, assène t-il, c’est une voie de circulation d’est en ouest, du nord au sud. Il faut que cela devienne un boulevard ». Pour Serge Pallarès, président de la Fédération française des ports de plaisance (FFPP), « les ports sont des outils économiques et touristiques. Le développement du territoire passe par le développement des ports. Il faut en étudier les acteurs pour connaître leurs attentes » tempère le président de la FFPP. « Quatre-vingt-dix pour cent du transport de marchandises se fait par voie de mer et cette activité va continuer à augmenter, car la puissance de l’outil maritime est considérable » poursuit Francis Vallat, président du Cluster maritime français. Pour lui, « la mer est l’avenir de la terre ». Selon Colette Certoux, vice-présidente de la Fédération des industries nautiques, il n’y a pas à tergiverser, « les activités nautiques suscitent un grand engouement et innovent. On y trouve un fort potentiel de développement et de création d’emplois, qui passera par un soutien à la formation en apprentissage vers ces secteurs » conclut-elle.

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