Les fleurs de Bach : désenchantement ?

Didier Pachoud
Didier Pachoud, président de la Gemppi : "Il y a beaucoup à faire pour prévenir les usagers qu'il existe de nombreux prédateurs spirituels". Crédit : DR
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“ Dérive sectaire ”, “ charlatanisme ”, tels sont les mots qui viennent noircir la réputation des célèbres Fleurs de Bach. Les remèdes floraux qui ont fait la joie des consommateurs et des magazines féminins sont désormais.

 

Si ces élixirs sont libres à la vente, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens encourage les pharmacies à s’abstenir de les vendre en l’absence de preuve scientifique de leur efficacité. « Les concepts employés dans la théorie des essences des Fleurs de Bach sont exactement les mêmes que ceux qui régissent les théogonies1 des dérives sectaires actuelles. De nombreux emprunts sont faits à la sphère écologique, avec les notions de bio, d’équilibre » écrit Richard Monvoisin, chargé de cours de pensée critique et de zététique2 à l’Université de Grenoble I dans Quintessence d’une illusion. L’Afssaps, l’ancienne agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, a reconnu en 2000 puis 2004 que les produits Fleurs de Bach ® Original ne contenaient aucune allégation thérapeutique. Leur vente est régulière et ils ont une autorisation de mise sur le marché (AMM) comme compléments alimentaires. En 2009, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes)3 instituée auprès du Premier Ministre, publie le rapport Guide santé et dérives sectaires. Si les Fleurs de Bach ne sont pas dangereuses en soi, la mission interministérielle a constaté des stages organisés par des pseudo-thérapeutes plus contestables. Certains séminaires exposeraient les stagiaires à trois niveaux de risques selon la Miviludes, à savoir « des coûts croissants jusqu’à devenir exorbitants, un discours conduisant certains patients à interrompre leur traitement médical et une rupture par l’adepte-auditeur de tout lien extérieur ». La pratique de médecine non-conventionnelle est un nouveau mode de pensée, parfois légale et traditionnelle dans d’autres pays. Mal connue par les praticiens de la médecine traditionnelle et des institutions en place, la plupart des médecines douces sont connotées de méfiance par la Miviludes. Pour Didier Pachoud, président de l’association Gemppi4, œuvrant pour l’information et la prévention contre les sectes, « il y a beaucoup à faire pour prévenir les usagers qu’il existe de nombreux prédateurs spirituels ». Il revient donc à chaque français le droit de choisir sa médecine, le tout étant de se renseigner et de distinguer une pratique alternative d’une pratique à risque sectaire.

 

  1. Doctrine relative à l’origine et à la généalogie des dieux.
  2. Sceptique grec et, spécialement, disciple de Pyrrhon (littéralement philosophe « chercheur »).
  3. www.miviludes.gouv.fr ;
  4. www.gemppi.org.
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