« Plan B » : une alternative crédible pour l’Europe ?


Jean-Luc Mélenchon : « Face au coup d'État financier permanent organisé par l'Union européenne contre les citoyens et leur souveraineté, nous décidons de rendre permanente la "Conférence pour un Plan B en Europe " ». Crédit : Timothé Rimbert
Print Friendly, PDF & Email

Réunir les forces anti-austérité en Europe et élaborer ensemble une autre Union. Tel est l’objectif ambitieux du mouvement « Un plan B pour L’Europe ». Un premier sommet « Plan B », les 23 et 24 janvier, a réuni à Paris personnalités politiques, militants altermondialistes et citoyens de tout le continent. Ce bel élan a pourtant ses limites, notamment l’éloignement de l’ex-ministre grec, Yanis Varoufakis.

 

C’est un peu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le 13 juillet dernier, le gouvernement grec de gauche radicale d’Alexis Tsípras finit, après un long bras de fer avec l’Union européenne, par signer de nouveaux accords avec la Troïka (ndlr : les trois principales institutions européennes). Le texte débloque des fonds pour la Grèce mais le pays doit en échange accepter de nouvelles mesures d’austérité. La formidable vague d’espoir qu’avait déclenché le gouvernement Tsípras retombe, et partout en Europe, un élan d’indignation soulève les forces anti-austérité. C’est de cet élan que naît l’idée du mouvement « Un plan B pour l’Europe ». Le principe de ce grand rendez-vous paneuropéen est d’élaborer les bases d’une autre Union, sociale et démocratique. Une tribune est publiée dans Mediapart pour appeler à la tenue de ce sommet, signée notamment par le député européen français Jean-Luc Mélenchon, l’ancien ministre des finances allemand Oskar Lafontaine et son homologue, l’éphémère ministre grec Yanis Varoufakis. Et c’est à la Fête de l’Humanité, en septembre, que le sommet est officiellement annoncé. D’abord prévu en novembre dans la capitale française, l’événement est repoussé (pour cause d’état d’urgence) aux 23 et 24 janvier. En mars, le deuxième sommet a lieu en Espagne, sous l’impulsion entre autres du parti issu des Indignés, Podemos. Et un autre est prévu en Allemagne. Car c’est bien la force du mouvement « Plan B » : réunir la dynamique du Syriza des débuts et celle du jeune Podemos ainsi que toutes les forces progressistes anti-austérité d’Europe pour faire circuler la parole entre eux, avec au moins deux sommets par an. Reste cependant pour le « Plan B » à s’imposer comme alternative crédible en Europe. Pour cela, il va lui falloir lutter contre le manque d’intérêt des médias et la concurrence du Democracy in Europe – movement – 2025 (Diem25) lancé par le très populaire Yanis Varoufakis, qui a pris ses distances avec le mouvement grec à l’hiver 2015.       

Print Friendly, PDF & Email