Printemps des Comédiens 2017 : “Une chambre en Inde”, le “spectacle manifeste” et testamentaire d’Ariane Mnouchkine


L'ordre cynique du marché qui donne en spectacle ce qui glace jusqu’à la moelle, détruit en l’homme, l’humanité et conduit à faire table rase des théâtres au profit de projets rentables. Crédit : Michèle Laurent.
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« Une chambre à soi » réclamait Virginia Woolf1 pour les femmes, celle d’Ariane Mnouchkine est Une chambre en Inde, spectacle d’ouverture de la 31e édition du festival Le Printemps des Comédiens qui se tient du 30 mai au 1er juillet 2017 au Domaine départemental d’O à Montpellier. Une chambre en Inde a fait salle comble au Théâtre Jean-Claude Carrière, notamment le 9 juin à 20h. Grandiose !

Aux confins d’un ailleurs où le chant des oiseaux se mêle au son des klaxons, des kalachnikovs et des marteaux piqueurs, aux psalmodies du muezzin, à la colère des hommes, au chant des femmes, aux cris d’effroi, aux éclats de rire et aux pleurs des enfants, la chambre est quasi nue, une table, un vaste lit d’un blanc immaculé.

Pour cordon ombilical avec le reste du monde, la France, l’Occident, le harcèlement d’un téléphone qui sonne, un fax qui vomit avec l’étrangeté d’un insecte,  les absurdes et terriblement longs questionnaires d’enquête d’un ministère de la Culture kafkaïen.

Des fenêtres hautes laissent filtrer à l’intérieur de la chambre, l’agitation extérieure, la ronde des jours et des nuits, les ambiances nocturnes, la lumière de l’aube, le jour blond, l’or des fêtes et le temps mythique des sacrifices – tout est là, tout est suspendu.

Un théâtre de l’immanence dans le chaos

Ariane Mnouchkine dans cette fresque épique livre un théâtre de l’immanence dans le chaos et rend un magnifique hommage au théâtre, à sa nécessité civilisatrice de premier ordre en réhabilitant la figure de l’artiste.

Une chambre en Inde, c’est un voyage dans la solitude peuplée de l’artiste en résonance avec l’actualité, l’histoire et au-delà d’elles, l’univers. Réfugiée dans l’écrin d’une chambre qui pourrait être un paradis mais qui côtoie l’enfer grandissant du monde comme il va, Cornélia, le double, l’ater ego d’Ariane Mnouchkine est aux prises avec le spectacle à venir.  Pendant que le monde s’embrase, Cornélia entre en résistance par la création en poursuivant, envers et contre tout, la genèse d’ Une chambre en Inde puisque le spectacle met en scène, en abyme, sa propre construction.

Comment tendre aux hommes, grâce au théâtre, un miroir du monde quand le monde est fou, incompréhensible, absurde et qu’il plonge l’observateur dans l’effroi, semant Stupeur et Tremblements2 devant l’irrévocable qui s’accomplit chaque jour, à chaque seconde ? La chambre est un laboratoire où les images, les scènes, les représentations lèvent depuis les rêves et les cauchemars, dans les incessantes « cinémaginations » de Cornélia bousculée par une réalité de plus en plus violente et intrusive.

L’artiste valse entre plusieurs dimensions, une multitude de plans s’imbriquent pour nourrir une inspiration envahissante dans le vif de laquelle il faut savoir trancher. Ainsi assiste-t-on au « Mystère Mnouchkine » lorsque,  par exemple, surgissent les héros du Mahabharata3 comme autant d’apparitions que le metteur en scène repousse avant de leur faire une place d’honneur dans Une chambre en Inde. La vie se mêle à la quête artistique dans la chambre qui devient un théâtre pendant que l’actualité brûlante y entre par les portes et fenêtres sous l’assaut des page volantes de la presse internationale ou que des commandos d’hommes cagoulés s’infiltrent à la manière des singes dans l’univers de l’artiste qui est sans cesse traversé par la réalité du monde.

Un spectacle qui alerte, résiste et dénonce

En nous transportant dans « sa chambre » Ariane Mnouchkine livre son autoportrait et au-delà d’elle, elle met en scène la condition de l’artiste et les défis qu’il lui faut affronter et relever. Naviguant entre deux mondes, cet être singulier, habité, inspiré « fait de l’étoffe de ses rêves » et à qui « rien de ce qui est humain n’est étranger » doit gagner son Amérique et travailler sans trêve, sa nécessité seule faisant loi car il faut sans répit défendre le geste créatif, le protéger, le nourrir quoi qu’il arrive.

Ainsi s’ouvre le spectacle : Cornélia, assignée, comme chacun, à l’aspect le plus trivial, le plus prosaïque de l’existence, que la grande Ariane croque sous un jour grotesque mais avec une légèreté inouïe, se réveille en sursaut, affolée par un besoin pressant. Actrice et spectatrice d’elle-même, elle assiste aux tribulations d’un corps plein d’étrangeté, devenu « étranger » et qui échappe à grand bruit à sa souveraineté quand il émet, à son insu, une série de pets qui conduisent Cornélia droit aux toilettes. Qu’à cela ne tienne, même sur le trône, les tracas de la condition humaine ne la détournent pas de ceux de l’artiste à l’œuvre.

Une chambre en Inde exalte les images, les songes, les mirages, d’une pensée qui s’incarne dans la création théâtrale. En Cornélia, jumelle d’Ariane  Mnouchkine, tout un peuple de personnages trouve enfin son auteur et en fait le siège pendant quatre heures épiques, magiques et drôles, dans un spectacle jubilatoire, cousu « sur-mesure » pour rendre compte de la démesure d’un monde rendu fou en passant au crible tous les grands sujets de société : attentats, violence faite aux femmes, mariages contraints, environnement, pollution industrielle, réchauffement climatique, guerre de l’eau…

Comment ne pas perdre la tête ?

Création collective du Théâtre du Soleil où participe, encore une fois, Hélène Cixous, Une chambre en Inde dont la musique signée par Jean-Jacques Lemaître est le fruit d’une résidence à Pondichéry et un spectacle engagé qui alerte et dénonce, taillé comme une pièce de haute couture ajustée à l’hystérie d’un monde fou, du corps fou d’un monde dans tous ses états, Une chambre en Inde met en scène le combat de forces mortifères abjectes et leurs atteintes aux racines physiques, émotionnelles autant que spirituelles de la vie.

Convoquant tous les genres sur le plateau dans l’élan vers un théâtre total, un panthéâtre où les codes dialoguent par-delà les frontières et les cultures, Ariane Mnouchkine signe un « spectacle-manifeste ». Ayant valeur testamentaire,  Une chambre en Inde est sans cesse sous tension, sur le qui-vive, en état d’électrochoc. Ici le geste artistique de la création est fauché de plein fouet par la déferlante d’une réalité augmentée par l’ultra-violence d’un système dont toute l’architecture ressemble au Labyrinthe fait pour perdre et égarer à force d’illusions d’optique et d’impasses celui qui, venu au monde, devra y être sacrifié.

La brutalité aveugle partout infiltrée, répandue, ordinaire et les cris qu’elle arrache résonnent durant tout ce très beau spectacle orchestré de main de maître. Nul ne sort indemne d’avoir vu l’hystérie du monde hérétique où nous vivons mis en scène par Ariane Mnouchkine. Qui torture qui  et pourquoi ? « Où suis-je, qu’ai-je fait, que dois-je faire encore ? » s’interroge Hermione autant que Cornélia confrontée aux « pouvoirs de l’horreur » sur une planète plongée dans un état de guerre mondiale où la paix est relégué aux oubliettes de l’histoire, y compris dans ce refuge hospitalier que devrait être Une chambre en Inde.

L’ordre cynique du marché, le nouveau Dieu païen

Ariane Mnouchkine dresse son spectacle comme une barrière contre le monde, l’immonde comme il va.  Ce faisant, elle construit un contre-monde et lui accorde le pouvoir d’un talisman, une force de guérison, une vocation de garde-fou. Il faut jouer, faire du théâtre jusqu’au bout pour qu’après l’éternité il y ait malgré tout l’éclosion inespérée de l’éternité et un jour, d’un nouveau matin du monde, d’une nouvelle naissance de l’homme, d’une renaissance de l’humanité contre l’anéantissement de l’ordre humain au profit d’un ordre inhumain, dégénéré, délinquant et barbare qui envahit l’horizon.

La grande dame de théâtre avec la grâce allègre d’un « gai savoir », alerte sur les ravages d’une humanité réifiée, « barbarisée », instrumentalisée et aveuglée qui sous couvert du progrès a laissé couver, grandir et éclater le pire. « La bête immonde est là », non point où on l’attend mais désormais incernable, terrorisante, sans visage, véritable hydre à mille têtes dont chacune, aussitôt coupée, repousse plus vigoureusement sous des masques changeants à la vitesse de la lumière et des nouvelles technologies de l’information et de la communication, à la vitesse des marchés qui font des hommes, plus que des anges, des bêtes et plus que des bêtes, des mercenaires religieux, des fous de dieu, des intégristes…

« Mais bien sûr, il faut rire », le rire reste le propre de l’homme et le théâtre d’Ariane Mnouchkine, quoi qu’elle ait à dire sur la tragique condition des femmes, la phallocratie, l’islamisation de la jeunesse, les attentats, lui fait la part belle, une noble part. La vie est une farce féroce. Rions, même jaune et de toutes nos dents et devenons bleus d’effroi en riant encore quand Cassandre veut « recontacter l’origine pour connaître le présent » et nous rappelle à notre condition d’évanescents, voués à disparaître alors que toutes les réserves d’eau douce de la terre sont polluées, souillées par l’ordre cynique du marché. Ce nouveau dieu païen veut, commande, spolie, détruit et jouit, lance de nouvelles croisades, brade les êtres, les chairs, les consciences. Il donne en spectacle ce qui glace jusqu’à la moelle, détruit en l’homme, l’humanité et conduit à faire table  rase des théâtres au profit de projets rentables.

Sauver le théâtre engagé : ce garde-fou de la liberté et de la démocratie

« Il faut aller en Syrie, il y a quelque chose de démoniaque qui se passe là-bas », s’affole Cornélia. Cornélia, bien sûr est ici, dans ce cœur battant de la fiction plus vraie que nature, tout autant Ariane que la troisième fille du Roi Lear qui professe une foi absolue dans le théâtre en rappelant à son père « Vous m’avez appris à chérir le théâtre ». Ariane-Cornélia est bien celle qui « chérissant le théâtre » nous fait l’honneur de nous conduire, à travers ce spectacle ouvert sur les cultures du monde et accessible à tous les publics, dans ses coulisses, sa poésie matricielle afin de nous permettre de comprendre pourquoi tendre au monde son reflet est vitale quand la réalité dépasse la fiction, quand le vrai peut n’être pas vraisemblable, parce que précisément, le théâtre met à nu la réalité.  

« Il faut trouver une forme » pour que le théâtre réveille les consciences, sonne le glas du pire, ouvre le théâtre du monde au meilleur, à la vie, à la joie de vivre, à l’espoir, telle est l’urgente question d’Une chambre en Inde qui, en associant au spectacle, Kalaimamani Purisai Kannappa Sambandan Thambiran, maître de la tradition du Therukkuttu4, renoue avec la magie d’ « un petit théâtre de basse caste » et la saga familiale de ses héros pour peindre, par un détour, ce qui fut, ce qui est et ce qui ne devra jamais plus être, à l’avenir. 

Rendre au théâtre sa véritable puissance révolutionnaire

« J’ai peur pour le théâtre, peut-on espérer la venue d’un nouveau Shakespeare ? », Cornélia s’entretient avec son père, Ariane avec ses pairs dans de très belles scènes où les Dieux de son panthéon, Shakespeare et Tchékhov viennent en un instant fraternel partager et apaiser ses angoisses.  

Oui, Ariane Mnouchkine a l’art et la manière de rendre au théâtre sa véritable puissance révolutionnaire qui est d’abord celle de vivre un temps irremplaçable et unique en son genre, ritualisé, sacré, partagé en commun. La grande dame a le don de toucher juste et d’émouvoir, de nous mettre en mouvement quand venu de loin, du fin fond de La ruée vers l’or5 et des Temps modernes6 apparaît à la tête d’un peuple de guingois, d’un peuple de petits-choses plus proche de la marionnette, de l’homme-objet, que d’une humanité portant haut ce qu’elle est, le génie de Charlot auquel est confié le dernier mot, le mot de la fin dans un discours beau à pleurer et qui est un appel urgent :

« Nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop »

« Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur [dixit Le Dictateur], ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider, si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain pas le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié. L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous apportent l’insatisfaction. Notre savoir nous a faits devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité. Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines la vie n’est plus que violence et tout est perdu. Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes. En ce moment même ma voix atteint des milliers de gens à travers le monde, des millions d’hommes et de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents. Je dis à tous ceux qui m’entendent : ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr.

« Vous le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre »

Soldats ? Ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail. Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur. Vous n’êtes pas des machines. Vous n’êtes pas des esclaves. Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur. Vous n’avez pas de haine sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour. Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage mais pour la liberté. Il est écrit dans l’Evangile selon Saint-Luc « Le royaume de Dieu est dans l’être humain. » pas dans un seul humain ou dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir de décréer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure. Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, i faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité. Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n’ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple. Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous batte pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous ! »7

…Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop….

Maud Bouchet
Journaliste – critique dramatique

 

  1. Féministe et femme de lettres anglaise, Virginia Woolf est l’un des principaux auteurs modernistes du xxe siècle. Elle est, notamment, l’auteur de Une Chambre à soi qui demeure parmi ses écrit les plus célèbres.
  2. Huitième roman d’Amélie Nothomb, publié en 1999 chez Albin Michel.
  3. Le Mahabharata (ou Mahâbhârata) est une épopée sanskrite de la mythologie hindoue comportant, selon le décompte de Vyâsa (Mahabharata I, 2, 70-234), 81 936 strophes (shlokas) réparties en dix-huit livres (parvan). Il est considéré comme le plus grand poème jamais composé.
  4. Forme de théâtre de la rue tamoule pratiquée dans l’Inde tamil Nadu et les régions tamoules du Sri Lanka.
  5. Comédie dramatique américaine de Charlie Chaplin, sortie le 26 juin 1925.
  6. Comédie dramatique américaine de Charlie Chaplin, sortie en 1936. Il s’agit du dernier film muet de son auteur et du dernier qui présente le personnage de Charlot, lequel lutte pour survivre dans le monde industrialisé.
  7. Discours du Dictateur (Le Théâtre du Soleil), reprise intégrale du texte final à l’image du génie de Charlot auquel est confié le mot de la fin du spectacle.

 

Calendrier des prochaines représentations

A La Cartoucherie, Paris, France

  • Samedi 24 juin 2017 à 19h30
  • Dimanche 25 juin 2017 à 13h30
  • Jeudi 29 juin 2017 à 19h30
  • Vendredi 30 juin 2017 à 19h30
  • Samedi 1er juillet 2017 à 16 h
  • Dimanche 2 juillet 2017 à 13h30
  • Vendredi 23 février 2018 

Au Seventh Regiment Armory, New York, Etats-Unis

  • Du 5 au 20 décembre 2017

Réservation : 01 43 74 24 08 (individuel) tous les jours de 11h à 18h ; 01 43 74 88 50 (groupes + 10 pers.) du mardi au vendredi de 11h à 18h.

 

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